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   IRAN : Un nouveau facteur entre en jeu

Rubrique principale :Iran
Rubrique secondaire :Proche Orient
Auteur :Tarik
Date de publication :Le 15/12/2009
à 14:06
Source / Copyright :IRAN RESISTS
Nombre de lectures:959
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IRAN : Un nouveau facteur entre en jeuLe régime des mollahs a annoncé vendredi dernier sa volonté d’accepter l’offre de compromis sur l’échange de ses réserves d’uranium contre du combustible sur le réacteur de recherche de l’université de Téhéran. Ce changement n’a pas été dû à la menace des sanctions car pendant ce temps, Téhéran était courtisé par des émissaires arabes des Etats-Unis. Ce changement est survenu grâce à un nouveau facteur dans la crise nucléaire iranienne : la grogne sociale provoquée par les sanctions.

En février dernier, quand Obama a accédé à la Maison-Blanche, il a inauguré une nouvelle politique américaine : la main tendue à l’Iran. L’objectif était de faire asseoir les mollahs à la table des négociations pour les engager dans un processus forcé d’apaisement et arracher une entente dont a besoin Washington pour accéder à l’Asie Centrale et ainsi priver la Chine des immenses réserves gazières de cette région.
Les mollahs ont refusé cette main tendue car ils considèrent tout réchauffement avec Washington comme une menace. En effet, sans même envisager une entente, en cas d’une normalisation des relations, Téhéran devrait accepter l’organisation d’élections libres ouvertes à tout candidat (non issus du régime) et alors Washington pourrait placer au pouvoir en Iran ses propres pions islamistes. Téhéran devait donc refuser, mais sans donner l’impression de refuser de construire une relation de confiance. C’est pourquoi il s’est lancé dans son activité préférée de provocations à bases d’insinuations sur ses capacités nucléaires pour une politique inverse d’amplification de crise pour engager les Etats-Unis dans un processus d’escalade avec l’espoir de les faire capituler par la peur d’une nouvelle guerre.
En réponse à ces insinuations de capacités nucléaires, en avril 2009, l’équipe Obama a dans un premier temps adopté une politique d’esquive. Parallèlement, elle a proposé aux mollahs d’expatrier de 70% à 90% de leur uranium faiblement enrichi, la matière première de toutes les insinuations, vers la Russie et la France pour y subir les transformations nécessaires pour être converti en combustible nucléaire dont l’Iran a besoin pour son réacteur à usage médical datant de l’époque du Chah. L’opération allait éliminer les réserves d’uranium théoriquement nécessaires pour la fabrication d’une bombe.
Cela n’aurait pas constitué la preuve formelle que le programme nucléaire très opaque de Téhéran n’a pas de volet militaire secret comme le laissent supposer les insinuations iraniennes, mais cela aurait repoussé à une date théorique ultérieure la possibilité pour l’Iran de fabriquer sa première bombe.
Que l’on veuille le priver de la matière première pour ses bluffs pour l’engager de force dans l’apaisement qui le terrorise, n’a pas plu aux mollahs. Ils ont refusé en ignorant la proposition. Washington a alors brandi la menace d’un embargo sur l’essence, mesure qui est susceptible de provoquer un désordre social fatal au régime. Mais vu que Washington évoque cette menace depuis 2003 sans l’appliquer (par peur de renverser un indispensable futur allié régional), Téhéran n’a pas trop tiqué.
Washington a alors évoqué d’autres sanctions comme l’embargo maritime (pour l’approvisionnement en produits quotidiens, une version modérée de l’embargo sur l’essence). Téhéran n’a cette fois pas bougé car il se voyait protégé par la Russie. En septembre 2009, Washington a gagné le soutien Russe sur le dossier iranien grâce à un allégement du projet ABM et un droit octroyé aux Russes de disposer de plusieurs bases militaires dans les régions séparatistes de la Géorgie. La Russie a changé de discours sur les sanctions et Téhéran a accepté de rencontrer les Américains à Genève dans le cadre d’une conférence avec les Six et là, il a pris l’engagement d’étudier l’offre sur ses réserves d’uranium. L’enthousiasme déclenché par ce geste l’a convaincu que ses adversaires Américains étaient à sa merci, il a donc remis en cause son engagement. Washington qui aurait dû conformément à ses menaces déclencher des sanctions a fait le contraire en expédiant plusieurs émissaires en Iran avec des propositions d’offres économiques très alléchantes. Conformément à sa politique de provocation, fin octobre 2009, Téhéran a alors proposé que l’échange ne se porte pas sur 70 à 90% de ses réserves, mais sur une quantité très inférieure afin de se garder des réserves théoriquement suffisantes pour une première bombe et ainsi rester en position de bluffer. Cette proposition a été refusée, mais puisque Washington a besoin des mollahs, il n’y a pas eu de sanctions et Washington a même abandonné l’idée des sanctions unilatérales qu’il avait évoquées en exigeant des sanctions onusiennes (qui sont par essence très molles).
Anticipant cette éventualité et échaudé la politique américaine d’esquive face à ses provocations nucléaires ou balistiques, Téhéran a ajouté à sa panoplie de tactiques anti-apaisement, le Mouvement Vert, une opposition politique soi-disant populaire et démocratique qui très officiellement se dit hostile à tout marchandage sur le nucléaire conformément au programme de son leader Moussavi.
En se basant sur ces machinations récompensées par le report des sanctions, on pourrait estimer que les mollahs ont bien mené leur barque pour éviter l’apaisement et ainsi éviter l’ouverture qui mettrait en danger leurs privilèges, mais ce serait une erreur, car pendant ce temps, le pays a été lourdement sanctionné. Cela a provoqué des remous intérieurs. Pour ne pas se voir lâché par le Bazar qui est un puissant allié de l’intérieur –capable de financer des révolutions-, le régime a dû puiser dans ses réserves pour lui assurer un taux de conversion du dollar très bas. Cela a nécessité des économies qu’il a dû faire en supprimant les allocations et les subventions sur les produits de grande consommation. Au bout du compte, toujours en manque de devises, pour préserver le taux du dollar qui est un indice de la stabilité du régime, Téhéran a dû puiser dans les réserves des banques privées où était déposé l’argent des Bazaris. Le dernier acte de cette politique de refus de compromis pour sauver des privilèges de quelques-uns a été la baisse des pensions des retraités (commencée cet été) et l’annonce cette semaine d’un manque de fonds pour assurer le paiement des pensions des 2,600,000 retraités iraniens d’ici 2 mois, alors que presque tous les Iraniens vivent sur les retraites de leurs aînés.
Le régime a résisté, mais les Iraniens savent qu’ils ont tous payé la facture à sa place. Tous sont à bout et tous espèrent la fin des sanctions ou la fin de ce régime. Bizarrement, ils ne peuvent rien pour faire cesser les sanctions, mais en revanche, ils pourraient en comptant sur leur nombre changer de régime. C’est un nouveau facteur qui entre en jeu. Désormais, Téhéran doit manœuvrer d’une part face aux Américains et d’autre part face à la grogne de 70 millions d’Iraniens.
L’ennui est que sa politique vis-à-vis de Washington est d’amplifier la crise alors qu’il se doit de jouer l’apaisement avec l’Occident pour calmer la grogne de la rue iranienne et des Bazaris.
Cette semaine après plusieurs jours d’efforts infructueux pour amplifier la crise, Téhéran a pris la première décision intégrant le facteur social en évoquant sa volonté d’accepter l’échange. Mais étant donné qu’il s’agissait d’une reculade tactique, il a néanmoins pris le soin d’y mettre des conditions inacceptables pour les Etats-Unis à mi-chemin entre bravade, provocation ou envie de jeter la faute de l’échec sur l’adversaire. Washington a refusé l’offre (déjà proposée en octobre dernier), en rejetant la faute sur le régime. Signe de la nécessité d’un apaisement pour calmer la rue, pour la première fois, Téhéran ne s’est pas lancé dans des discours enflammés. Epoustouflant.
On a enfin trouvé la force qui fait taire les mollahs : tout un peuple avec un seul objectif. Si l’on veut venir à bout des mollahs, il faut l’exploiter et cela suppose que l’on oublie les simulateurs comme les Verts.

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